“En bleu, en rouge, tout est éphémère”.

Yves Fièvé a étudié les arts plastiques et le graphisme à Saint-Luc (Bruxelles).
Il se consacre à la peinture depuis 1996.

“Peindre c’est une nécessité, une urgence.
C’est se confronter à l’aventure de l’instant à travers des actes uniques mêlant expression et introspection. Dans ces moments intenses de création qui se situent un peu en dehors du temps, les recherches et les aboutissements se percutent, plus ou moins heureusement, et la surprise apparaît spontanément, sans qu’on l’ait vraiment cherchée. Sans compromis, laisser ce chatoyant chaos submerger toute tentative d’organisation. Et sous cet apparent désordre, qui fait quoi? On ne le sait plus vraiment. Finalement, ça n’a aucune importance.”
1996-2004

Au départ, il utilise des matériaux qui tombent sous la main : branchages, ferrailles et autres briques deviennent ses outils de prédilection pour manipuler les couleurs. Les mains, directement au contact du support, façonnent une peinture fougueuse, aux couleurs vives, une peinture délibérément abstraite et créée dans l’instant. L’objet de son travail pourrait se résumer à la recherche des ponts entre couleur, mouvement et émotion. 

2005

Après quelques expériences digitales à la fin des années ’90, une série intimiste faite de douze œuvres numériques intitulée «Août, rébellion contre l’arrosoir», sort des ateliers en octobre 2005. Une technique qui semble lointaine des pinceaux et de la matière. Cependant, on y retrouve cohérence d’objet et univers pictural, comme s’il s’agissait d’une parenthèse, d’une récréation dans le parcours.

2006

En 2006, il renoue avec la toile et la peinture. Les écritures, dont le contenu est volontairement gommé, demeure un fil conducteur omniprésent : les secrets sont noyés dans la couleur et deviennent inaccessibles, il n’en subsiste que l’écho, déformé à l’instar de nos souvenirs.

2009

En 2009, il adapte son travail à la figuration à travers portraits et floraisons. Peu à peu, l’écriture disparaît.

2015

Depuis 2015, il s’intéresse aux espaces oubliés en confrontant des lieux anonymes, publics, souvent démesurés, où l’on se croise furtivement sans vraiment se rencontrer et des arrêts sur image éphémères. L’humain, individualisé à outrance, nous laisse percevoir une forme de mélancolie figée dans un instant d’absence. La solitude, invisible et masquée par nos gesticulations quotidiennes, se révèle malgré nous quand la mémoire et l’oubli se font face.